5 février 2023

Consécration du nouvel autel à la Goulette

  Le 24 décembre 2022, veille de Noël, a eu lieu la consécration du nouvel autel de la paroisse Saint Augustin et Sainte Fidèle, à la Goulette : un évènement exceptionnel, chargé de symboles et de significations.

L’homélie de notre Archevêque, Mons. Ilario, et le récit du curé de la paroisse, le P. Narcisse, nous accompagnent à les découvrir.

 Mons. Ilario Antoniazzi

Les textes liturgiques vous permettront de vivre avec nous les différents moments de cette cérémonie et de découvrir ou redécouvrir par les rites de la liturgie certaines richesses de notre foi. Ces rites de la consécration d’un autel rappellent les étapes de l’initiation chrétienne : baptême, confirmation, eucharistie. C’est ainsi que durant cette cérémonie nous revivrons tous ensemble le cheminement qui nous a fait devenir pleinement membres de l’Église de Dieu.

Cette cérémonie est donc une grande étape de l’histoire de cette église et de notre communauté. Nous croyons qu’elle a été voulue par le Seigneur, et que Lui-même nous a conduits jusqu’ici. Affermis ainsi dans la foi, nous mettons notre espérance en sa grâce afin qu’elle renouvelle en nous l’amour pour Dieu et pour nos frères et sœurs. Que sa miséricorde s’étende d’âge en âge à tous ceux qui aiment cette église.

Qu’est-ce qu’une consécration d’autel ?

Rappelons tout d’abord que l’autel (du latin altar, « élevé ») est, dans l’histoire des religions, le lieu de jonction entre Dieu et le monde. Pour nous il est la table sur laquelle on offre à Dieu le Pain de la vie pour notre nourriture spirituelle, le lieu où le peuple de Dieu fait mémoire du sacrifice du Christ pour notre salut. Seul le prêtre peut s’en approcher, avec des signes de vénération, dont une trace subsiste jusqu’à nos jours, celle du baiser qu’il donne lorsqu’il s’approche de l’autel consacré.

Le rite de la consécration de l’autel est l’occasion de mieux comprendre le sens de l’autel dans la liturgie catholique.

Quel est le but de cette consécration ?

« La consécration de l’autel manifeste une transcendance, une présence divine qui lui confère un caractère sacré. L’autel est signe de la présence de Dieu. Voilà pourquoi les prêtres le vénèrent en l’embrassant car c’est sur lui que se réalise le Saint Sacrifice rendu présent à chaque messe et qui sauve les hommes par le don d’amour que le Christ a fait une fois pour toutes sur la croix ». (Homélie de Mgr Aupetit, archevêque de Paris, Messe chrismale à Saint-Sulpice, 2019).

Comment cela se passe-t-il ?

La cérémonie est très riche en symboles, j’en propose certains à votre attention.

Au début de la messe, l’évêque a béni l’autel et les fidèles en les aspergeant d’eau bénite. Cette aspersion nous rappelle et vivifie notre baptême. Après l’homélie et la litanie des saints, le reliquaire, contenant des reliques, sera placé dans la cavité de l’autel et refermé. Ceci manifeste l’unité du sacrifice de la Tête (le Christ) et de celui des membres (nous tous) du Corps mystique qu’est l’Église. L’eau bénite et la présence des reliques nous rappellent que nous sommes tous appelés à la sainteté par notre baptême.

Le Saint Chrême.

Ensuite aura lieu l’onction de l’autel. L’évêque répandra le saint chrême sur les croix aux quatre angles et après sur la table entière de l’autel.

Le Saint-Chrême est une huile parfumée bénite par l’évêque dans la messe chrismale, elle est utilisée pour les onctions de consécration : sur le sommet de la tête pour le baptême ; sur le front pour la confirmation ; sur les paumes des mains du nouveau prêtre dans l’ordination sacerdotale, sur le sommet de la tête du nouvel évêque dans l’ordination épiscopale et en ce jour pour consacrer cet autel.

L’onction du Saint-Chrême symbolise la descente de l’Esprit Saint qui pénètre les êtres, comme l’huile imprègne profondément ce qu’elle touche. Elle fait participer les personnes, de façons diverses, à l’onction royale, sacerdotale et prophétique du Christ qui est le vrai Roi, le grand Prêtre et le divin Prophète.

La mise en place des reliques de martyrs

Le témoignage de ces frères martyrs nous rappelle la radicalité de notre vocation chrétienne. Le Corps du Christ que nous formons – et par conséquent chacun de nous – est appelé à donner toute sa vie au Père, en union au Christ, dans la puissance de l’Esprit Saint, éventuellement jusqu’au sacrifice sanglant. Dans ce sacrifice de toute l’Église, s’accomplit la perfection de l’amour, « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ».

N'oublions pas qu’après Rome est l’église de Carthage qui a donné au Christ le plus grand nombre de martyrs. Cette terre de Tunisie est une terre sainte, nous marchons sur le sang des martyrs. La période des martyrs n’est pas terminée pour le Christianisme qui reste la religion la plus persécutée.

« Lors de la consécration d’un autel, les reliques d’un saint ou d’une sainte sont déposées à l’intérieur de celui-ci. Le signe de la dépose de reliques dans les autels est hautement spirituel, théologique et… missionnaire. Depuis les origines de l’Église, la foi se fonde sur la transmission de « personne » à « personne » de la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus-Christ.

Au cours de l’histoire de l’Église, des hommes et des femmes ont été reconnus « saints » par l’Église, non pas d’abord pour leur possible vie exemplaire, mais par leur fidélité à l’Évangile. Ainsi, les reliques de ces femmes, de ces hommes ou de ces enfants sont déposées dans les autels des églises pour d’une part montrer leur intimité avec le Christ - que l’autel représente - mais aussi pour rappeler à l’assemblée son devoir de transmettre pour les générations futures la Bonne Nouvelle du Salut. Car les saints de demain sont dans les assemblées d’aujourd’hui. » (Sébastien Antoni, in Croire, La Croix).

Les reliques qui seront scellées dans cet autel sont des martyres carthaginoises Perpétue et Félicitée. Le témoignage de ces martyres nous est donné pour que nous-mêmes nous offrions à Dieu chacune de nos paroles, chacun de nos actes toute notre vie. Ces martyrs reposent ici pour que nous devenions à notre tour, « leurs compagnons et leurs frères », jusqu’à l’offrande de nos vies si exigée.

Autour du Christ immolé sur l’autel nous prions pour les martyrs d’aujourd’hui qui sont les témoins par excellence du Christ. Ils sont parmi les chrétiens d’Orient, au Yémen, parmi nos frères dans la foi au Niger, Irak, Egypte et ailleurs. Puisons de cet autel, qui sera consacré, les forces pour témoigner ensemble notre foi dans le Christ.

 

 P. Narcisse Djertambete Yotobumbeti

GENERALITES SUR L’AUTEL

La consécration d’un autel est un rite très solennel et cela du fait de la nature et de la dignité de l’autel. En effet, il est dit dans une des Préfaces de la Messe : « le Christ est à la fois l’autel, le prêtre et la victime de son propre sacrifice. »

L’autel est la table du sacrifice et du repas pascal, où le prêtre agissant en personne même du Christ, accomplit ce que le Seigneur lui-même a fait et transmis à ses disciples pour qu’ils le fassent en mémoire de lui.

De plus, l’autel est le symbole du Christ qui est la pierre angulaire de l’Église. Il est donc le centre de l’action de grâce qui s’accomplit pleinement par l’Eucharistie pour la louange et la Gloire de Dieu le Père.

Enfin, l’autel honore les martyrs, c’est-à-dire les témoins de la foi qui, à la suite du Christ, ont offert leur sang en témoignage de la Passion du Christ. Il résulte de cela que tous les saints sont appelés témoins du Christ, et ils le sont parce qu’ils se sont nourris du Corps et du Sang du Seigneur.

C’est suivant ces considérations que le nouvel autel de la Paroisse Saint Augustin et Sainte Fidèle, construit par la générosité de ses fidèles, a été consacré par l’Archevêque, Monseigneur Ilario Antoniazzi, le 24 décembre 2022.

LE SENS DES RITES DE LA CONSECRATION

Après le chant d’entrée exécuté par la chorale, tout a commencé avec la bénédiction de l’eau et l’aspersion du peuple de Dieu et de la table d’autel. L’eau dont l’autel et le peuple ont été aspergés « est le rappel de la purification apportée par le Christ », a souligné l’évêque.

Après les lectures bibliques, en commentant l’évangile, Monseigneur a présenté l’autel comme un endroit sacré : « Il n'est pas acceptable que nous nous approchions du Père autour de l'autel tout en gardant de la rancune, de la haine ou de l'amertume contre l'un de ses enfants dans notre cœur. » Après l’homélie, suivie par le Credo, il y a eu la troisième étape du rituel, c’est-à-dire la dédicace.

 LA DEDICACE DE L’AUTEL

Elle a débuté par la litanie des Saints, qui comprenait des prières aux saintes martyres Perpétue et Félicité et à de nombreux autres saints, dont deux saints contemporains célèbres, Saint Jean-Paul II et Sainte Teresa de Calcutta. Ensuite, des reliques des Saintes Perpétue et Félicité ont été déposées dans l’autel.  Les reliques des martyrs rappellent que l’autel est le lieu de l’actualisation du sacrifice du Christ, que les martyrs ont imité au plus haut point. La prière de consécration a suivi la déposition des reliques.

Debout, les bras tendus au-dessus de l'autel, Monseigneur Ilario a offert la prière de dédicace, qui a rappelé comment des grandes figures de l'Ancien Testament - Noé, Abraham et Moïse - ont construit des autels pour prier et offrir des sacrifices à Dieu, et comment le Christ, à travers son sacrifice sur la croix, a permis une nouvelle alliance entre Dieu et l'humanité.

Monseigneur Ilario a ensuite oint l'autel, en y versant le Saint Chrême au milieu et à chacun de ses quatre coins. Ce Saint-Chrême dont il a marqué les croix de l’autel, signifie que celui-ci est marqué par le Christ lui-même. Après une prière brève, le rite le moins connu et le plus émouvant a eu lieu : la disposition au centre ainsi qu’aux quatre coins de l’autel de petits grains d’encens mêlés de cire, rite qui rappelle les cinq plaies du Christ. L’évêque a mis les grains d’encens sur le charbon allumé et a observé que du peuple rassemblé, enveloppé dans la fumée et le parfum des grains qui brûlent, éclairé par les flammes, « monte vers le Seigneur une prière en Esprit et en Vérité ».

Après ces rites, l’autel a été couvert d'une nappe et fleuri ; la croix et les cierges sont venus compléter sa parure ! La fierté brillait sur le visage de Monseigneur, qui, en laissant éclater sa joie, a déclaré que la consécration d’un autel est une cérémonie très rare ; c’est la première fois qu’il consacre l’autel comme Archevêque.

Enfin, la première eucharistie sur le nouvel autel ainsi consacré et paré, a été concélébrée par l’évêque avec les prêtres présents.

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