24 avril 2024

Dieudonné, jeune salésien et jeune auteur

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Dieudonné RAMAZANI LUKUNDULA, jeune salésien de don Bosco, auteur de plusieurs livres, se présente.

Qui es-tu ? Quelle est ta formation ? Que fais-tu en Tunisie ?

Je m’appelle Dieudonné RAMAZANI LUKUNDULA, salésien de don Bosco, originaire de la République Démocratique du Congo. Je viens d’une famille pleinement africaine.

J’ai eu une enfance mouvementée par les déplacements des guerres et d’instabilités socio-politiques : j’ai effectué une partie de mes études primaires à l’école primaire Nyakasanza à Bunia, dans la province de l’Ituri ; à cause de la guerre de 2003 entre les Hemas et les Lendus, j’ai dû les poursuivre à l’école primaire Anglicane de Kasabinyole à Beni, dans la province du Nord Kivu.  En raison des carambolages socio parentaux, mes études secondaires ont été faites une partie aux instituts et complexes scolaires Kyeshero de Goma, Daniel et Tuungane de Kindu, une autre à l’école privée catholique Mapendo de Kipushi, dans la province du Haut-Katanga

Après mes études en philosophie et en éducation, je suis venu en Tunisie en mission apostolique ; j’effectue mon stage pratique à l’école primaire Notre Dame de Carthage à La Manouba.

Quelles sont les rencontres, les étapes, les expériences les plus significatives pour ta vie ?

Avant d’être admis chez les salésiens de Don Bosco, j’étudiais la philosophie à l’université de Lubumbashi et travaillais dans les chaines des radios et de télévision à Kipushi et à Lubumbashi (à REVEGHT FM, MWAISENI FM, RTCL puis à la radio DON BOSCO). Je connus les salésiens de Don Bosco, un peu tard dans ma vie, par l’intermédiaire d’un ami et de leur bibliothèque à Home Zanin. Je fis mon pré-aspirandat et mon aspirandat à la Maison Safina et mon pré-noviciat à la Cité des Jeunes, à Lubumbashi (2014-2017). Ces années furent des moments utiles pour approfondir ma connaissance du charisme de saint Jean Bosco ; elles m’ont également aidé à approfondir mes facilités humaines, intellectuelles, pastorales et spirituelles.  En août 2017, je fus envoyé par mes supérieurs à Lusaka, en Zambie, pour le noviciat. À la fin dudit noviciat (2018) je fis mes vœux temporaires : d’Obéissance, de Pauvreté et de Chasteté. D’août 2O18 à mai 2021, j’étudiai la philosophie et l’éducation à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Est (CUEA) à Nairobi (Kenya), extension Don Bosco Moshi (Tanzanie). Le 21/11/2021, j’ai eu l’obédience pour le Maghreb, qui me permit de participer à la 152e expédition missionnaire à Valdocco, à Turin (Italie) et d’apprendre l’italien en Sicile, à l’Istituto Teologico San Tommaso di Messina et à la communauté Santa Chiara dans le quartier Ballaro de Palerme. « En m’ouvrant aux autres, Paris m’a ouvert à la connaissance de moi-même » disait Sédar Senghor « En me révélant les valeurs de ma civilisation ancestrale, Paris m’a obligé à les assumer et à les faire fructifier en moi. » Cette citation senghorienne est toujours une valeur dans mes rencontres ; et celle-ci me poussa à questionner mon identité africaine.

Merci de nous présenter tes livres : de quoi traitent-ils ? Comment as-tu eu l’idée de les écrire ? Es-tu en train d’en préparer d’autres ?

Bien avant tous mes voyages - à Rome, en Zambie, à Catane, au Kenya, à Palerme, en Tanzanie, à Firenze et dans les livres philosophiques, pédagogiques et spirituels - j’ai toujours eu envie de répondre au monde sur qui est « l’homme », l’homme africain, et de quelle société a-t-il besoin pour faire valoir son humanité. Mes prédécesseurs se seraient trompés à définir séparément « l’homme » et « l’africain » ! Oui, Diodore de Sicile et Hérodote, qui n’ont pas pu vivre avec l’africain, l’ont presque défini, mais hélas ! il manquait quelqu’un qui pouvait le définir intérieurement. En dehors de Placid Tempels, les autres sont restés sur des définitions emportées par les émotivités. Mais que disent les autochtones eux-mêmes ? Qui sont-ils ? Les pères des nations africaines et les panafricanistes l’ont bien compris : que pourrait être l’africain au cas où il se débarrasserait de sa communauté, son Ubuntu, son Ujamaa, son Harambée et son Consciencisme ? Cela ne serait-ce pas une vision de vivre d’Action-Réaction ? Un africain d’avant, de pendant et d’après le colonialisme, la controverse de Valladolid, le Printemps Arabe, ne serait-il pas le même que celui-ci du régionophobisme actuel ?

Mes voyages ont pu élucider mon énigme sur les ténacités humaines en postmodernité ; (période dans laquelle chacun s’approprie des siens, s’ingère de plus en plus dans les affaires et les destinées des autres, tout en restant égoïste de ses biens et facilités ; dans laquelle les uns préfèrent rester en antiquité relationnelle alors que le monde fait un pas consistant vers les avancées technologiques et interhumaines, etc.) en répondant sur mes questions majeures : Comment faire ? Quoi faire ? Et comment être pour faire ? Avant ces voyages je n’aurais pas pu produire des livres sur les concepts actuels : l’anthropologie migratoire, les guerres africaines en oubliette, les pauvretés et les controverses dialectales autour du tiers monde, etc.

C’est précisément dans mes derniers « rendez-vous du donné et du recevoir » entre Italie, Tunisie et Afrique subsaharienne que j’ai trouvé la source d’inspiration : l’immigration, le profit qu’elle engendre et son trafic humain.

C’est ainsi qu’en fin novembre 2022 je publiai en Italie, aux Éditions Book Sprint, mon premier essai philosophique : « NEL CUORE DEGLI IMMIGRATI ? HOMOCENTRISMO O POSTMODERNISMO. » C’est un livre qui vient justement répondre à l’une de mes questions citées ci-dessus « Comment être pour faire ? » C’est-à-dire, qui est l’homme ? Qui le définit dans son vrai sens ? A partir de quelle époque a-t-il cessé d’être l’originaire premier d’Afrique ? Comment être « Homme » pour vivre en postmodernité ? Le nouveau concept que le lecteur trouvera tout de suite dans ce livre, est le terme : « HOMOCENTRISME ». Ça vaut beaucoup pour l’africain, quand il est chez lui aujourd’hui comme hier, et ça vaudrait plus encore pour celui des autres cieux s’embourbant corps et âmes aux caprices individualistiques du postmodernisme, et à quiconque entrant en contact direct avec cet africain en besoin.

Je devais encore répondre à ma question : « comment faire ? » Comment faire pour qualifier un peuple (l’africain) aux qualités postmodernes ? Alors, le 30 décembre 2022 j’ai publié mon second livre aux Editions Universitaires Européennes (EUE) : « QUELLE PEDAGOGIE POUR NOS ECOLES EN AFRIQUE POSTMODERNE ? » C’est une recherche pédagogique conduite sous le thème : ‘’ Un regard sur les facteurs qui influencent l’éducation formelle’’. J’ai collecté les données de recherche dans deux régions africaines (Afrique de l’Est, Tanzanie, région de Kilimandjaro, école publique « Kiusa » ; Afrique du nord, Tunis, école privée libre Don Bosco) plus l’observation personnelle de la forme de l’éducation en république démocratique du Congo. Comment éduquons-nous nos jeunes en Afrique pour atteindre une standardisation mondiale éducationnelle qui sonnera équitable à nos oreilles, afin de pallier aux chantages postmodernes qui disent : « en Afrique, l’éducation est basse ; en Europe, en occident, l’africain doit reprendre tel cours ou se mettre à tel niveau.’’ Le lecteur croisera les trois ‘’R’’ du système préventif (Rêve, Rôle et Règles) dans l’éducation en Afrique.

Et, comme la cible principale dans mes livres est « l’homme », je devrai répondre dorénavant à l’unique question en suspens : ‘’Quoi faire ?’’ Que faire pour pallier aux questions de généralisation à outrance sur les africains et leur destiné ? Sur la question d’immigration dite aujourd’hui clandestine, la démocratie africaine et le triomphe des vertus cardinales et philosophiques (justice, courage, tempérance et piété) ? Que faire pour stopper une crise démographique d’un côté et un embouteillage d’hommes de l’autre côté ? Que faire pour estomper cette hémorragie de morts en Méditerranée et renforcer la sensibilisation à la conscience patriotique de chaque peuple ? Quel regard porter sur les médias internationaux et sur les autres réseaux sociaux dans le but de sélectionner les informations à diffuser ? Quel jugement donner finalement concernant la question d’immigration des africains ? Au mois de mars 2023 j’ai publié mon essai sur : ‘’LES TIERS MONDE AUX CONTROVERSES MIGRATOIRES.’’ (Edition MUSE, sur Amazon et Africa Vivre).

L’hégémonie sur les pays africains, la gérontocratie africaine et le fait de s’ingérer dans les affaires internes de certains pays a favorisé une répercussion migratoire aujourd’hui dont colons et colonisés sont devenus responsables. Certains pays aujourd’hui semblent donner de leçons controversables sur la démocratie et la justice des autres ; cela aussi a attiré désormais l’attention des confrères immigrants. Quelle solution ? L’appel à la soumission maximale de chaque homme et partenaire de tiers monde à la vraie vérité ? La remise totale à la gérance de l’Afrique aux africains eux-mêmes ? Laisser chacun se taper ses bailleurs de fonds ? Personne n’est si enfant qu’il doit être nourri à la cuillère par un autre. S’il y avait des aides pour équiper ces jeunes africains chez eux, que ces aides soient réelles, qu’elles ne soient pas conditionnées au paiement des pots cassés et limitées seulement aux pays limitrophes de la Méditerranée. Qu’elles percent l’Afrique profonde afin de cibler vraiment les jeunes qui en ont besoin. Une question simple, que le lecteur croisera par exemple : pourquoi les medias étrangers ne pourraient-ils pas être justes en diffusant des reportages qui regardent les réalités de chaque peuple ?

Je suis en train de préparer deux autres essais : « Ubuntu, est-ce Philosophie ou Idéologie ? » et « Une Pastorale pour l’Eglise au Maghreb ». La société Ubuntu est l’idéale que pouvait promettre Nelson Mandela aux sud-africains confus dans l’apartheid. Cet Ubuntu disparait-il comme disparaissent les idéologies des leaders et des partis politiques ? Au contraire des idéologies, la philosophie ne fait et ne veut pas des fanatiques. Quant à l’Eglise présente au Maghreb, elle doit adopter une nouvelle méthodologie afin que ses valeurs restent une lampe au milieu du village pour les chrétiens et les non chrétiens.

Quels sont tes plus grands rêves et désirs ?

Je souhaite la diffusion maximale de mes livres, jusqu’à les distribuer gratuitement, afin de les voir déambuler dans les mains de lecteurs africains et occidentaux, éveiller les jeunes à la conscience humanitaire et à la citoyenneté et contribuer à apporter des solutions palliatives aux problèmes de « déshumanisation » de certains et de « sur humanisation » d’autres.

Mon grand désir est de servir le Dieu de Justice et de Bonté sur son autel, en donnant ma vie pour accompagner les jeunes pauvres et abandonnés vers leur salut éternel.

Dieudonné RAMAZANI LUKUNDULA

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