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L'éducation est une affaire de cœur
Les centres communautaires présents dans notre archidiocèse sont des lieux d'épanouissement pour les enfants et les jeunes qui y sont accueillis, bien sûr, mais aussi pour ceux qui les animent.
Le témoignage de Kenza, bénévole au club « Manzelyano Bosco Youth », rattaché à l'école Menzel Bourguiba, en apporte une preuve émouvante.
Je m'appelle Kenza Bouras. Il y a cinq ans, ma mère m'a inscrite au club de l'École des Sœurs. J'avais 13 ans, et je me souviens encore de ce que je ressentais en regardant les animateurs : une admiration presque timide, l'envie secrète de leur ressembler un jour.
J'ai grandi dans ce groupe, portée par des gens qui croyaient en moi avant même que j'y croie moi-même. Aujourd'hui, je fais partie du COO (groupe des coordinateurs) et je m'occupe des ressources humaines — un chemin que je n'aurais jamais imaginé à 13 ans.
Cette année, durant le camp d'été, j'ai incarné Riley dans un sketch inspiré de Vice-Versa. Mon personnage pleurait, et les enfants sont montés sur scène pour me consoler, sans qu'on le leur demande. Je me souviens du silence qui a suivi, ce silence chargé, où j'ai compris que ce qu'on leur donne, ils nous le rendent au centuple. J'ai eu du mal à retenir mes larmes.
Il y a eu d'autres moments comme celui-là. Notre nettoyage de plage, filmé et partagé par des créateurs de contenu, a poussé d'autres personnes à faire pareil ailleurs — et voir qu'un geste aussi simple pouvait se propager m'a donné des frissons. Pendant le Ramadan, on a partagé l'iftar avec des personnes âgées. Elles nous parlaient de leur jeunesse avec des yeux qui brillaient encore, et je suis repartie en me disant qu'il fallait profiter de chaque instant, parce que tout passe vite.
Ce qui me touche le plus, c'est l'équipe. On se dispute parfois, comme dans toute famille, mais on ne lâche jamais rien, parce qu'on porte tous la même chose : l'envie de bien faire pour ces enfants.
Quand je pense à la fille de 13 ans qui regardait les animateurs de loin, avec des étoiles dans les yeux, j'ai presque envie de la prendre dans mes bras et de lui dire : tu vas y arriver, et ce sera encore plus beau que ce que tu imagines.

