9 janvier 2026

Formation des nouveaux arrivés : apprendre l’arabe est un acte d’amour.

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« Comment dire que j’aime un peuple sans savoir dire “je t’aime” dans la langue de ce peuple ? »

Lors de la retraite des nouveaux arrivés en Tunisie, en 2024, une phrase prononcée par Mgr Ilario m’a profondément marqué : « Comment dire que j’aime un peuple sans savoir dire “je t’aime” dans la langue de ce peuple ? »

Ces paroles ont résonné dans mon cœur. Que faire face à cela ? Était-il vraiment nécessaire d’apprendre l’arabe ?

Je vis à Sfax, où, parmi tous les fidèles, même de langue arabe, un seul ne parle pas français. Je me déplace partout et je suis parfaitement compris en parlant uniquement le français. Pourtant, cette phrase ne me laissait pas en paix ; elle continuait dans mon cœur, en attente d’une réponse.

Mais avant tout, une question encore plus profonde s’est imposée : qui est mon peuple ?

En regardant autour de moi, je vois une grande diversité de cultures et de nations, une véritable Église en miniature. Mais tous passent : les étudiants terminent leurs études, les travailleurs achèvent leur séjour, les missionnaires sont envoyés ailleurs. Tous méritent attention et sollicitude, mais… qui demeure sur cette terre ?

Les Tunisiens. Ce sont eux les véritables habitants de cette terre que tant de peuples ont traversée. La Tunisie a de nombreux visages, mais les visages qui restent sont les visages tunisiens.

Apprendre l’arabe n’est donc pas seulement une nécessité pratique : c’est un acte d’amour. C’est pouvoir se contenter « seulement » du français, mais choisir d’aller au large, vers des eaux plus profondes. C’est choisir de voir naître le sourire qui apparaît lorsque l’on essaie de prononcer quelques mots en arabe. C’est choisir de se faire un avec le peuple tunisien, en posant un pas concret d’amour.

C’est alors qu’une grande opportunité s’est présentée : une session intensive. Des cours d’arabe tunisien et liturgique, d’islamologie, de chants en arabe, ainsi que des conférences nous ont permis d’entrer plus profondément dans la réalité du pays et dans le contexte de l’Église en Tunisie, hier et aujourd’hui.

Deux mois — du 19 octobre au 19 décembre — marqués par des défis et des grâces. Du lundi au vendredi, nous avons vécu un rythme intense d’apprentissage et de vie commune.

Les difficultés propres à l’étude ont été surmontées ensemble, avec légèreté et engagement, toujours animés par le désir d’élargir notre amour pour ce pays qui nous accueille, avec ses limites et ses richesses.

Les sorties à Monastir, Carthage, Tozeur et dans la médina de Tunis nous ont aidés à ne pas rester seulement dans la théorie, mais à regarder le pays de nos propres yeux, avec un regard renouvelé, éclairé par les formations. Un regard nouveau que le Seigneur peut offrir même à ceux qui vivent ici depuis plus longtemps : un regard plus ouvert sur la mission qu’Il nous confie sur cette terre.

La Session intensive 2025-2026 a été, pour moi, un renouvellement de ma mission en Tunisie. Poser les bases de l’apprentissage de l’arabe tunisien n’a pas été une simple nécessité, mais un pas ferme vers le Christ reflété dans le visage du peuple tunisien.

João Matheus MORAIS PEREIRA

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