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Ce sont les petits pas qui construisent des ponts, de la confiance et de nouvelles racines...
Une délégation des Caritas siciliennes, accompagnée de deux représentants de Caritas Italiana, a vécu en Tunisie une première expérience intense, qui a marqué le début d’un parcours triennal fondé sur la connaissance directe, le dialogue et la coopération. Deux rencontres et échanges préalables avaient préparé le terrain : le premier, en juin 2024, a consisté en une visite de Caritas Tunisie en Sicile avec Mgr Ilario Antoniazzi, le second a été marqué par l’accueil des évêques des diocèses siciliens de la part de Mgr Nicolas Lhernould en septembre2025.
La visite en Tunisie du 26 au 30 avril 2026 a été une immersion dans le tissu ecclésial et social du pays. Des rencontres, des moments de partage et des visites sur le terrain nous ont conduits au cœur de certains des défis de la Tunisie. À El-Kef, une exploitation d’agriculture biologique a mis en lumière les difficultés quotidiennes liées à la rareté de l’eau, à la durabilité des productions et à l’émigration des jeunes qui vide les zones intérieures. À Mornag, une coopérative de femmes a montré un autre visage : celui d’un engagement tenace dans la protection et la valorisation des ressources agricoles locales, capable de générer des modèles économiques inclusifs et durables.
De la rencontre avec le groupe scout d’El Ouardia, nombreux et dynamique, il est apparu combien la dimension spirituelle, dans le respect de chacun, peut nourrir un engagement concret au service de la communauté. Une expérience qui a aussi rappelé aux Caritas l’importance de cultiver leur identité propre, en allant au-delà d’une logique purement assistancielle.
D’autres éléments encore ont enrichi la connaissance de la Tunisie : de la visite des ateliers des femmes à La Goulette, aux réflexions apportées par le Dr Chedli sur la situation socio-sanitaire de La Goulette, jusqu’à l’invitation de M. Sadok Ben Ammar à imaginer un réseau de « villages verts », des espaces hydro-agricoles à vocation solaire et éolienne, animés par des communautés autosuffisantes qui commercialisent leurs excédents agricoles et énergétiques sur le marché.
Ce qui a marqué, au-delà du contenu, c’est le climat humain ouvert et convivial, dans lequel chacun a pu écouter, s’ouvrir, s’exprimer, interroger et se laisser interroger par l’expérience de l’autre. Jour après jour, la proximité et le partage nous ont rendus plus familiers.
Un point de départ, certainement pas un point d’arrivée. Le prochain rendez-vous est prévu fin septembre en Sicile.
Nous le savons bien : ce sont les petits pas qui construisent des ponts, de la confiance et de nouvelles racines. Mais, comme l’a souligné lors de la rencontre finale notre évêque, en reprenant sa Lettre pastorale de septembre 2025, pour s’enraciner, un travail est nécessaire, fait d’accueil réciproque, de partage des différences non pas comme un défi, mais comme une richesse, un travail de communion. « Je nous souhaite de découvrir chemin faisant ces racines réciproques », nous a-t-il souhaité.
Un souhait qui fait naître en nous le désir de poursuivre le chemin entrepris.
Enrica Gilardi, Caritas Tunisie

