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Du 22 au 29 mars derniers, nous avons eu la joie d’accueillir pour la première fois en Tunisie S.E. Mgr Javier Herrera Corona, Nonce Apostolique en Algérie et en Tunisie. Il était parmi nous pour un deuxième séjour, du 18 au 25 juin. Nous avons profité de sa cordialité et de sa disponibilité pour lui proposer cet entretien. Nous l’en remercions vivement.
Excellence, quelles sont les principales tâches et responsabilités d’un nonce apostolique ?
La fonction du nonce apostolique, c'est-à-dire du représentant pontifical auprès de l'Église locale et du gouvernement tunisien, s'exerce en harmonie entre la dimension spirituelle et la dimension diplomatique.
En tant que représentant personnel du Pape, le nonce a pour mission principale de rendre visibles les liens de communion entre la communauté chrétienne locale et le Vicaire du Christ. Le nonce devient le signe visible de la sollicitude du Souverain Pontife qui, outre le fait de manifester sa proximité et sa bénédiction de soutien, souhaite, par l’intermédiaire du nonce, connaître chacune des communautés, en tant qu’expression de son ministère apostolique consistant à affermir dans la foi et à guider le peuple de Dieu.
Outre cette mission de nature apostolique et religieuse, le nonce exerce une fonction diplomatique visant à renforcer les contacts entre les deux États, sujets de droit international, que sont la République Tunisienne et le Saint-Siège. Ainsi, le nonce apostolique, en sa qualité d’ambassadeur, doit entretenir des contacts au niveau ministériel et, bien entendu, avec la Présidence de la République afin de renforcer les canaux de communication et de les rendre aussi efficaces que possible, dans le respect des intérêts réciproques.
Vous avez vécu et travaillé dans des contextes et des pays très différents. Quelles ont été pour vous les expériences les plus marquantes ?
Grâce à la providence de Dieu et à la confiance imméritée que l’Église m’a accordée, j’ai été nommé pour servir et représenter le Saint-Siège dans des pays tels que le Pakistan, le Pérou, le Kenya, l’Angleterre, la Chine, la République du Congo, le Gabon et, plus récemment, l’Algérie et la Tunisie. Mon passage dans tous ces pays, très différents les uns des autres, m’a permis de découvrir une Église qui, tout en conservant le même esprit, se manifeste sous des formes diverses et des structures adaptées à la culture et aux traditions locales. En parlant de traditions et de cultures, on peut dire qu’elles sont toutes intéressantes et tout aussi importantes les unes que les autres.
Je pense pouvoir regrouper, d’une certaine manière, les choses que j’ai appris à apprécier à travers toutes ces expériences vécues et qui, d’une façon ou d’une autre, se retrouvent dans tous ces endroits où je me suis rendu. Je trouve très significatif de constater comment, au sein de l’Église locale, dans des contextes parfois hostiles, les chrétiens parviennent à former une communauté pour vivre ensemble leur foi et s’entraider.
Un autre aspect que j’ai également remarqué est le dynamisme des nouvelles générations de jeunes qui, dans certains pays, parviennent à s’organiser pour promouvoir des camps d’été afin de vivre ensemble leur foi dans la joie et la vitalité. J’ai appris à reconnaître et à apprécier l’importance vitale que l’Église locale, sous certaines latitudes, accorde à la communion avec le Vicaire du Christ, le Pape. J’ai été impressionné de voir des chrétiens qui s’efforcent de vivre leur communion de manière héroïque. Enfin, je peux dire qu’une chose qui m’a marqué, c’est de voir comment l’Église poursuit son chemin et s’enrichit avec l’arrivée de nouveaux membres qui s’intègrent à ce corps du Christ, malgré les problèmes de la société actuelle et parfois même les scandales au sein de l’Église.
Qu’est-ce qui a été marquant dans votre premier contact avec l’Afrique du Nord, et notamment avec la Tunisie ?
Mon arrivée dans cette région d’Afrique du Nord a coïncidé avec la visite apostolique du pape Léon XIV en Algérie. En effet, je m’y suis installé deux mois avant la venue du pape, ce qui a profondément marqué mon premier contact avec la réalité locale. J’ai constaté que l’Afrique du Nord conserve les fondements, désormais millénaires, de l’arrivée du christianisme. Ceux-ci sont toujours présents et forgent des chrétiens forts et fermes dans la foi, mais, en même temps, prudents afin de parvenir à une coexistence harmonieuse, comme l’exige notre époque.
Qu'est-ce qui vous tient le plus à cœur dans cette nouvelle mission ?
Je peux affirmer avec conviction que ce qui me tient le plus à cœur dans cette nouvelle mission – et c’est tout à fait logique –, c’est d’accomplir la mission qui m’a été confiée par le Pape Léon XIV, à savoir accompagner avec discrétion cette communauté sur son chemin vers le salut, afin de parvenir à une présence active, discrète et prudente, en accord avec le contexte dans lequel nous vivons.
✠ Javier HERRERA CORONA, Nonce apostolique

