11 août 2020

Coronavirus – Lettre de l’évêque

Chers prêtres, religieux, religieuses, consacrés et fidèles,

En ce moment difficile jamais vécu dans notre Église, nous suivons avec trépidation l’évolution et l’influence du « coronavirus » sur notre peuple aimé tunisien.

Notre foi en Dieu nous assure que nous sommes entre ses mains car Il est le Seigneur de l’histoire et surtout de nos vies. La foi n’est pas un don sans énergie, mais un don qui nous donne du courage pour vivre dans notre société sans nous laisser prendre par le découragement ou pire encore par une panique stérile. Nous n’ignorons pas que nous sommes fragiles, mais nous sommes aussi confiants en Dieu, en qui nous avons mis notre espérance. Nous sommes certains que nous ne serons jamais déçus comme dirait le Pape François, « ne vous laissez pas voler votre Espérance».

Cette crise doit mettre en évidence ce qu’il y a de meilleur en nous comme la solidarité, l’amour et la sensibilité envers la souffrance de nos frères et scurs. Comment ne pas nous faire « contaminer » par l’héroïsme et le dévouement sans limites, au prix de leur vie des médecins, des infirmiers, de la Protection Civile etc. ?

La fraternité que nous expérimentons aujourd’hui nous montre combien nous sommes interdépendants, liés les uns aux autres et combien le monde est petit. « Au passage, notons que l’occurrence de cette épidémie au moment des débats sur les lois de bioéthique nous rappelle fort heureusement notre fragilité humaine ! Et cette crise mondiale présente au moins l’avantage de nous rappeler que nous habitons une maison commune, que nous sommes tous vulnérables, et qu’il est plus urgent de coopérer que de fermer nos frontières ! » (Mgr Pascal Roland).

C’est une période particulière que nous devons vivre tout comme le temps fort du Carême que l’Église nous propose. Nous pouvons découvrir l’intimité et la beauté de vivre en famille en évitant les sorties inutiles qui peuvent mettre en danger notre santé et celle de ceux qui nous sont chers et consacrer notre temps avec eux à la lecture, à la prière familiale et mieux nous connaître sans le stress d’une certaine vie qui nous opprime. Nous oublions parfois que nos enfants et les membres de nos familles ont un vrai besoin de notre présence.

Notre pensée et notre prière sera surtout pour les malades du coronavirus, pour toutes les personnes sans emploi, pour les opérateurs touristiques et, bien sûr, pour les médecins,
s ceux qui nous entourent pour nous protéger de ce virus et mettent leur vie en péril par amour pour nous.

Nous devons être conscients de notre responsabilité surtout dans nos églises et ainsi respecter scrupuleusement les consignes suivantes qui sont restrictives :

Nous sommes conscients que cette émergence ne sera pas de courte durée et elle nous oblige à prendre des initiatives que comme pasteur, je n’aurais jamais voulu assumer. Mais vue la dure réalité et la souffrance que nous vivons, je pense qu’il n’y a pas d’autres issues.

Permettez-moi deux considérations :

    1. Notre foi nous rappelle que nos trésors spirituels les plus précieux que nous gardons jalousement et à tout prix, doivent être au service de la vie et donc de notre santé et jamais contre la science vers laquelle nos regards pleins d’espoir sont aussi tournés.
    2. Nous faisons partie intégrante de ce beau pays qui est le notre et qui s’appelle « Tunisie’. Nous entretenons toujours de bonnes relations avec ses institutions publiques, politiques et sociales et l’Église doit les vivre et y collaborer avec sincérité, loyauté et amour.

Pour cela :

  1. Nous vous supplions d’obéir et vous tenir strictement aux consignes de l’État tunisien qui nous obligent à être prudents dans toutes nos rencontres et tous nos contacts interpersonnels. Ces consignes sont valides jusqu’au 4 avril 2020 et pourraient être levées ou renforcées suivant l’évolution de la situation dans le pays.
  2. Toutes nos églises resteront fermées jusqu’à nouvel ordre même pour la messe du dimanche. Nous encourageons nos fidèles à « rentrer en eux-mêmes », dans le tabernacle de leur caur pour un dialogue spirituel avec Jésus et vivre avec lui une communion spirituelle. Un des fruits du drame actuel sera de nous découvrir nous-mêmes et goûter notre vie intérieure, nous qui sommes si facilement distraits par les attractions de ce monde qui sont aussi bonnes.
  3. Nous demandons à tous nos consacrés et fidèles de vivre un triduum de prière et de jeûne du 19 au 21 mars pour implorer le Seigneur d’éloigner de notre pays et du monde le fléau du coronavirus.
  4. Nous encourageons les fidèles à la prière et à la lecture de la Bible avec les membres de leurs familles respectives.
  5. Éviter tout déplacement et toute réunion ou rencontre qui ne soient pas strictement nécessaires.
  6. Pour ceux qui ont la grâce de pouvoir communier : recevoir la sainte Communion exclusivement dans la main et jamais dans la bouche ou du Calice.
  7. Nous encourageons enfin à réciter cette prière personnellement, en communauté et en famille pour être libérés du coronavirus :

Je vous supplie de comprendre le sens et les motivations de ces directives et d’y adhérer pour ne pas créer confusions et désorientations parmi les fidèles.

Que le Vainqueur de la mort accueille le « chemin de croix » de l’humanité blessée par le coronavirus, et l’aide à arriver à la joie de la « résurrection » pour une période de paix et sérénité pour nous tous.

Que Dieu nous bénisse et nous donne sa paix.

Abouna Ilario

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